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Les amours du gui


Les amours du gui

Thierry Denis nous parle des amours du gui

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Pour le 1er janvier nous allons parler d’une boule de gui, cueillie dans mon jardin du Morvan.
Sous ce gui, traditionnellement à minuit le 31 décembre, filles et garçons s’embrassent. Ce qui est charmant et pertinent. Car le gui est le fruit d’une histoire d’amour
Tout commence, bien sûr, par une naissance.
J’ai appris dans les numéros 48 et 49 de la Hulotte comment le gui faisait les enfants. La Hulotte, cette revue culte, à la fois amusante et rigoureusement documentée, sur les animaux, les arbres et les fleurs. Je vous en ai apporté un exemplaire, superbement illustré.
Les dessins sont aussi beaux que drôles.
Pour donner naissance à un gui, la Hulotte nous confirme bien qu’il faut un papa et une maman .
Chez le peuple gui, il y a des boules de gui «mâles» aux fleurs qui regorgent de pollen fertile. Et des boules de gui «femelles», qui rêvent de connaitre l’amour. Le hic, c’est comment transporter le pollen des garçons jusqu’aux fleurs sexy des filles.
C’est le job des insectes polinisateurs, de petits moucherons et autres abeilles minuscules,  pro de la fécondation à distance
Ils butinent les fleurs en mai. D’abord un solide repas de pollen sur les fleurs garçons, du pollen qui se collent en partie à leurs pattes. Ensuite, un bon coup à boire dans les outres de nectar des fleurs filles. Du pollen reste alors scotché sur le pistil des filles. 9 mois après, le doux miracle de la vie donne ces jolies baies blanches sous lesquelles vous allez embrasser votre amoureuse le 1er janvier.
Des baies dans lesquelles il y a une graine, prête à germer.
Encore faut-il que cette graine soit semée sur l’écorce d’un arbre.  Et là, c’est le rôle des oiseaux. D’abord la fauvette, une goulue qui gobe jusqu’à... 30 baies de gui à l’heure ! Elle ne mange que la pulpe et laisse les graines, qui sont trop dures pour elle, collées sur les branches des arbres comme des petits chewing-gums mâchouillés, prêtes à germer.
Il y a ces fauvettes mais aussi les grives ! qui avalent tout rond ces baies gluantes et évacuent ensuite les graines indigestes en plein vol, dans leurs fientes. Certaines tombent sur des branches d’arbres et s’y collent. 
Cela fait des tonnes de graines lâchées dans la  nature, plus de mille par boule de gui fille. Mais la mésange bleue, ce super Predator, fait le ménage. Dotée d’un bec marteau piqueur, elle boulotte la quasi-totalité des graines disséminées par les fauvettes et les grives. Au final, une infime partie germera. Une boule de gui  a de la chance quand elle a fait un ou deux enfants. Et même pas tous les ans. 
Il y a mille choses à apprendre sur le gui dans « La Hulotte ». Cette revue ne s’achète pas en kiosque. On s’abonne.
L’abonnement coûte 32 € pour 6 numéros. On peut acheter aussi les anciens numéros, il y en a 107, tous merveilleusement illustrés. Si vous êtes en retard d’un cadeau, c’est une super idée.
La  hulotte,  c’est à Boult aux Bois, dans les Ardennes. Le site c’est lahulotte.fr.



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