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Les vrais chrysantèmes d'autrefois


Thierry Denis nous parle des vrais chrysantèmes d'autrefois

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Pour la Toussaint, 23 millions de pots de chrysanthèmes ont été vendus en France.

Pour fleurir les cimetières. C’est la tradition  depuis la guerre de 14. Je trouve ces pôtées un peu formatées. Pourtant, initialement, le chrysanthème est une plante pleine de gaité, qui a en plus une histoire passionnante !

Revenons 3000 ans en arrière. En Chine, là où poussaient plusieurs  chrysanthemes sauvages, toutes appréciées pour leurs vertus médicinales et surtout magiques. Leurs fleurs étaient modestes. Mais, très vite, les jardiniers chinois vont les hybrider et les sélectionner pour leur beauté. Ils obtiendront des résultats spectaculaires. Cela devient même une passion pour les classes dirigeantes.

Même les mandarins, il y a 2500 ans, le philosophe Confucius, lui-même, a couvert d’éloge un chrysanthème aux fleurs jaune d’or !

Il y a d’autres couleurs : des blancs mais aussi des rouges, des roses. Comme le chrysanthème Empereur de Chine que je vous ai apporté. Regardez...

Un camaieux de roses nacrés !

Au 17ème siècle, les jardiniers chinois avait déjà 500 variétés différentes. Aujourd’hui, ils en ont plus de  7000 !

Et ce n’est pas tout... Car les japonais ont suivi leur exemple. Dès le 8 siècle, ils font de nouveaux croisements avec des chrysathèmes sauvages de Corée.  Cela devient, là encore, une passion nationale.  Le sceau de l'empereur est un chrysanthème. L’ordre du chrysanthème Japonzis est l’équivalent de notre légion d’honneur !

En Europe, nos explorateurs découvrent les chrysanthèmes chinois au 17ème siècle.  Le botaniste Linné leur donne le nom savant de Chrysanthemun, ce qui veut dire « fleur d’or »... Et c’est un marchand français, Pierre Louis Blancard, qui a rapporté le premier plant vivant en 1792... Au début, les français tatonnent. D’autant que chinois et japonais gardent jalousement leurs secrets de culture.

Ils y arrivent quand même en 1827, le capitaine Brenet réussit ses premières semences. Ensuite, cela devient l’age d’or des Chrysanthèmes français. Des hybridations audacieuses. Aux couleurs merveilleuses. Avec des noms charmants, comme Ruche Toulousaine, ou Perle Marguerite.

C’est une plante populaire. La France devient l’autre pays du chrysanthème. Des concours sont organisés chaque année... Les dames élégantes en font d’extaordinaires bouquets, comme nous l’apprend Marcel Proust dans son  roman « la recherche du Temps Perdu » qui décrit le monde raffiné de l’aristocratie d’avant la première guerre mondiale.

Je crains que l’age d’or soit derrière nous. Le monde du chrysanthème français devient triste... Une plante de cimetière produite à la chaine. Une lueur d’espoir quand même, le Conservatoire National du Chrysanthème Paul Lemaire, à Saint Jean de Braye dans le Loiret, reste un des derniers refuges des beaux chrysanthèmes français d’antan. Ce conservatoire organise son exposition annuelle, samedi et dimanche prochain, les 9 et 10 novembre. Un rendez-vous à ne pas manquer
 
Les chrysanthèmes français de la belle époque, un patrimoine à re-découvrir au conservatoire Paul Lemaire, à Saint Jean de Braye, dans le loiret.




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